Aller à la barre d’outils
Musique
A la Une

Damas Bamba : “Sans mes fans, je ne serai certainement pas où je suis actuellement, le père de tous les rappeurs de la RDCongo”

Ces propos secs et osés recueillis par la rédaction de Kultural Magazine ne sont pas pour laisser indifférents les rappeurs de la République Démocratique du Congo.  Répondant à la question de savoir qui est-il pour se faire appeler ‘’Baba Yao’’ (Leur Père) et de qui se considère-t-il comme étant le père, l’artiste congolais Damas Bamba lâche :’’Qui suis-je ? Je suis  le meilleur rappeur de la République Démocratique du Congo ! Mon talent fait l’unanimité et sur ce point il n’y a rien à redire. A ce titre je suis donc, selon toute vraisemblance, le père de tous les rappeurs de la R.D.Congo. Entre eux et moi il n’y a aucune comparaison possibl! ‘’ Qui est donc Damas Bamba alias Baba Yao, ce rappeur qui s’érige en père de tous les autres ?

Né, Damas Bamba, troisième enfant  de la fratrie issue de l’union de monsieur Franck Bamba et de madame Julienne Mwetaminwa, il a quatre frères et sœurs : Diane Bamba, Alain Bamba, Marie Bamba et Glody Bamba. Il grandit dans les milieux modestes de la ville de Bukavu et y fait ses études dans diverses écoles de la place jusqu’à passer par le Collège Alfajiri de Bukavu (CSP) durant l’année scolaire 2016-2017, avant de se consacrer entièrement à sa carrière artistique.

C’est en 2012, alors âgé d’à peine une dizaine d’années qu’il compose sa première chanson problème d’amour, inspirée des problèmes de couple de son ami alors en pleine crise d’adolescence. Dans la même période il écrit une dizaine de chansons ou d’extraits de chansons non enregistrées puisque devenir artiste lui était préjudiciable à l’époque du fait des préjugés rétrogrades qui sévissent essentiellement dans cette partie du pays.

En 2013, à l’insu du regard protecteur des parents il forme avec d’autres compositeurs de son quartier le groupe B.K Boys (Bukavu Boys) où il écrit, sous le pseudonyme de Vermanager : pourquoi nous faites-vous souffrir, le mariage, la mort, ma vie,… Attiré par le groupe du quartier voisin, D.M.C ( Dance and Music Club), il avorte l’idée d’intégrer la structure puisque la plupart des membres ne sont qu’interprètes, chose qui le répugne et qu’il ne cautionne aucunement. En 2014 il remporte le concours de rap Gorillaz Sound organisé par Dezzi Digital Bukavu. Damas gagne ainsi  une production musicale et enregistre son titre Hawa si rafiki zangu dédicacé à toutes les personnes essayant de le freiner dans cette nouvelle passion qu’il s’est découvert, raison pour laquelle il naquit quelques années plus tôt.

Découvert sur ce titre par Lisa Kashibura il intègre en 2015 Leaders Race, collectif culturel dont cette jeune dame est Manager.  La même année en se rendant à Goma, en reconnaissance des lieux car il est déçu du traitement que Bukavu réserve à ses artistes, Damas en profite pour enregistrer un autre single Heshimu mzazi  et pour faire la réédition de sa chanson Hawa si rafiki zangu.Il retourne alors sur Bukavu en 2016 car Leaders Race prépare un concert à l’hôtel la Roche. Le nom de l’événement est  ‘’Black as white Party’’. Dans la foulée il est repéré par le rappeur Afande Ready, l’auteur de la célèbre chanson ojage wa yama, avec lequel forment-ils le groupe Naro Classic Band (NCB). Il participe avec Leaders Race à la fête du Collège au cours de laquelle il fait même partie du jury.  Avec Naro Classic Band ils font dès lors le tour pour tous les peuples de l’Est et du Grand nord enchainant des concerts, entre autres,  dans la ville de Kindu, dans les villes de Beni,  de Butembo, de Goma et d’Uvira. Ils se rendent également à Misisi, à Kamituga, à Lugushwa, à Salamabila, à kibe, et au Rwanda voisin.  Pendant ce temps sortent divers titres avec NCB dont Naro Classic Band, Twende vile, Mbona kazi akuna, Ki crazy, Mwanaume ni kazi, My carina, Ni bembeleze,…

Afande Ready et Damas

En 2017, année durant laquelle il gagne le concours de rap Goma/Bukavu organisé par For Good, il participe au spectacle Honte : Ils doivent le savoir de Leaders race lors duquel avec des rappeurs de Bukavu nommément Auga Chak, Laxe Medrano, John F.M notamment ils lâchent plusieurs titres inédits dont Ils doivent le savoir, M’envoler, Quand je me retourne (version remix),… La même année il participe en duo avec Laxe Medrano à Alfa Talents (Évènement culturel  du Collège Afajiri) lors d’un free-style des plus mémorables. Dans le même laps de temps  il lance en solo Macho tatu, Naitaji mapenzi,…En 2018 il lance deux singles en solo à savoir karibu boss et  Yuda. Il consacre l’année 2019 à divers projets avec Naro Classic Band tels que : Oyo alembi, Wape en featuring avec le groupe T.B.B de Goma, Siyo bure en featuring avec Elkan Nkara Kanali de Butembo Boss. Depuis le début de l’année 2020 il a sorti en solo Kisa, Hiyi Kazi, Cyane muriro, Jeshi en featuring avec Naomie Kashibura, Afande Ready et Shako auteur de la chanson Ma.

Baba Yao

En 2020, avec Z.B (passé par les groupes The Strong of B.K, JZ Crew, …) ils font la promotion de ce qui est sans nul doute le plus bateau du lac Kivu, le bateau Emmanuel  4. En outre il a participé à trois éditions (2016, 2018,2019) de JDJ festival à Goma (Journée Diocésaine des Jeunes).  Bien qu’étant rappeur d’expression swahili Baba Yao compte à son actif quelques chansons en langues rwandaise et songe ainsi qu’en lingala.

Actuellement basé à Goma où il prépare un album, son premier du nom, durant cette période de confinement suite à la covid-19 ainsi que d’autres hits, Damas Bamba se dit particulier de par sa grande polyvalence musicale (Rap, Reggaeton,les styles  afro,…) et de par son swahili innovateur propre à lui. Rappeur humaniste il décrit le plus souvent dans ses chansons les vices de l’humanité tels que le tribalisme, l’ingratitude, l’indécision, les mauvaises compagnies, le manque de synergie,… Baba Yao préfère le swahili non solum puisque ses chansons visent surtout l’Est de la République où le swahili fait loi aussi  sed etiam puisque c’est la langue au travers de  laquelle il s’exprime aisément ! L’artiste produit concomitamment par Alain Budiba alias Dangote, Dieu Merci N. Bahoze et Lisa Kashibura ne rêve que de vivre de sa musique beaucoup plus qu’il ne le fait déjà, jusqu’au point de conquérir la scène internationale comme Eminem, le rap God ! Ayant en horreur les interprétations, Damas est l’un des rares artistes à ne pas être tentés par des concours tels que Vodacom Best of the Best,  the Voice Afrique francophone à moins que rappeurs-compositeurs y aient accès !

L’ultime confidence de Damas :’’ Sans mes fans, je ne serai certainement  pas où je suis actuellement. Pour ce faire, je les en remercie du fond du cœur, tout en leur demandant  de continuer de me valoriser, de me promouvoir et de me soutenir, moi ainsi que tous les autres artistes qui en valent la peine, afin qu’ensemble nous entrevoyions un avenir des plus mémorables.’

Damas Bamba en concert dans la ville de Butembo

Suivez Damas et dites-nous si vous êtes de ceux qui pensent qu’il est le père des rappeurs congolais comme il l’a laissé entendre :

Tags
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
fr French
X
Fermer
Fermer